Notre Mariage

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Mesdames, Messieurs, Distingués invités,

Vous avez été invités par Yannick Lamarre et Francis Hermange afin de célébrer avec eux, leur union et leur amour. Il s’agit d’un moment unique et important pour eux. Aujourd’hui, vous les verrez s’engagez l’un et l’autre par le mariage. Une noble aventure dont vous avez l’honneur d’être témoin.

Lors de notre première rencontre, Yannick et Francis m’ont exprimé un souhait très particulier, un souhait qui m’a beaucoup touché. Ils m’ont demandé de prendre un moment au début de la célébration afin de vous expliquer les raisons pour lesquelles j’ai décidé de m’impliquer dans la célébration des mariages et tout spécialement les mariages entre personnes homosexuelles.

La raison principale pour laquelle je prends une part active dans le domaine, c’est une question de principe. Selon moi, tous les humains devraient être considérés égaux. C’est-à-dire qu’ils devraient tous avoir les mêmes droits, les mêmes obligations. Peu importe, qu’il soit un homme ou une femme, peu importe leur origine, tout le monde devrait obtenir le même traitement.

Malgré le chemin qu’il nous reste à parcourir, je considère que notre société est sensible au principe d’égalité. C’est à la fois une chance pour chacun de nous d’être en mesure de résider ici, mais c’est aussi une responsabilité. En respectant le principe de l’égalité, nos gestes et nos paroles participeront à l’épanouissement des gens tel qu’ils le sont.

Comme Yannick et Françis vous ont raconté leur rencontre à travers une jolie BD qui constituait leur faire part

Et comme ils m’ont demandé d’être témoin de son mariage, il convient de vous raconter un bout de sa vie... un bout d’une amitié qui dure depuis maintenant près de 14 ans.

Nous n’avions que 18 ans.

Le tout commence lors d’une rencontre de Jeunesse Lambda… un organisme gai pour les jeunes par les jeunes ! Des espèces de rencontres de A.A. pour les gais qui se tiennent tous les vendredis soirs. L’alcoolisme est venu plus tard dans nos vie mais pour ça, nul besoin de papoter autour d’un cercle… y’a juste à lever le coude autour d’une table !

Donc nous sommes arrivés le même jour… à presque la même heure à cet endroit que nous avons fréquenté longtemps (peut-être même trop) et dans lequel nous nous sommes impliqués.

Fidèle à son habitude… Yannick a foutu le bordel un peu partout… s’impliquant dans les divers commités. Il a organisé des activités, Il a même été rédacteur en chef du journal de l’organisme… Journal qu’il a transformé en PIF Gadget révélant même a plusieurs jeunes les diverses utilités d’un cordonnet de cuir gracieusement fourni avec l’exemplaire.

Au fil des rencontres du vendredi, des réunions, de divers partys, des soirées dans les bars ou nous lâchions littéralement notre fou (d’ailleurs, je dois beaucoup à Yannick qui m’a traîné sur les pistes de danses et appris à me foutre de l’opinion et des regards des autres… gros pas dans la vie pour la petite grosse à lunettes !), Donc… au cours de ces soirées nous nous sommes découvert un point d’intérêt commun pour toutes les situations où nous créions un événement nous permettant faire de notre vie (et de celle des autres) un endroit parfois drôle et bizarre… et même parfois inquiétant.

D’un coup de baguette magique, la vie devenait drôle et belle et toute situation se terminait en éclat de rire.

Parlons-en de la baguette magique… Il y en a eu deux. La première était moche et était plus une décoration pour arrangements floraux en plastique… Mais par un bel après-midi où nous nous ennuyions comme les pierres, Yannick décide d’aller à Ottawa voir l’exposition de M.C. Eischer au musée. Je n’ai jamais visité une exposition aussi vite… nous étions arrivés à 30 minute de la fermeture du musée.

Mais quelle surprise lorsque nous sommes arrivée dans un magasin de noël ou Yannick a déniché la baguette parfaite… une tige fine surmontée d’une étoile en styrofoam… le tour recouvert de paillettes dorées !!!! Une aubaine… le fée des étoiles pouvait aller se rhabiller. !

Toujours à portée de main dans l’automobile, elle nous a fidèlement accompagnée dans tous nos déplacements… Yannick conduisait, moi je jetais des sorts aux passants… On doit encore se poser des questions à Chambly ou Yannick et moi avons fait une entrée triomphale en jetant des sorts à tous les habitants, moi sorti du toit ouvrant… tout ceci avec Dalida dans le tapis !

Pour moi, le point culminant fut le sort lancé à Bruno Blanchet lui-même… grand maître de l’absurdité devant l’éternel… qui n’a probablement pas encore compris qui était ce gros con qui lui jetait un sort à travers le toit de l’auto lorsqu’il faisait du Roller-Blade sur Rachel.

Mais comme toute bonne chose à une fin… Notre baguette est morte à Provincetown… sur la route… lors d’un voyage impromptu…encore une idée de Yannick…une aventure surgie de nulle part dans un été qui se voulait le plus plate possible. Une part de notre innocence jeunesse s’en allait avec cet instrument de bonheur.

Les événements ne se sont pas arrêtés pour autant… Lors de nos sorties dans les bars… Yannick aimait toujours faire expulser des individus qui ne lui avait rien fait en leur inventant des comportements déviants et en allant les dénoncer au portier qui les sortaient séance tenante… toujours dans l’incompréhension la plus totale.

La venue des Dollorama a aussi changé notre vie… nous nous y étions procuré des petits dinosaures en éponge montés sur une laisse faite d’une fil de métal rigide et nous avons parcouru le village de long en large en jappant et faisant des pause-pipi pour nous nouveaux amis à chaque borne fontaine. On nous regardait, nous aimions ça, on nous jugeait, nous aimions ça, on nous posait des questions, nous répondions du tac au tac et nous aimions ça. Cette soirée s’est finie sur la terrasse du défunt UNITY où nous avons rameuté autour de nous tous les gens qui fréquentaient l’endroit… c’est pour ainsi dire, la seule fois où un de nos événements a réuni autant de gens. Les dinosaures-éponge ont fini par servir de serpillère et à nettoyer tous les alcools qui se renversaient sur la table. Une soirée magique.

Le cinéma a aussi été une grande source d’inspiration. Outre le fait de partager nos coups de cœur pour certains films… certains de ceux-ci ont marqué notre vie et certains de nos divers coups d’éclats.

Bien sûr Polyester (doublé au Québec), avec Divine dans le rôle de Francine, restera la pierre angulaire d’un référentiel cinématographique qui se fout du bon goût et du ce-qu’il-faut-absolument-penser de telle ou telle œuvre !

Aurore l’enfant martyre (première version) a donné lieu à une belle scène. Yannick, était alors chambreur chez ma mère… Il lui prit l’envie folle de se faire raser la tête… Sans Clipper… nous avons alors opté pour les ciseaux et le rasoir. Enfermés dans la salle de bains, Yannick jouait Aurore et moi dans le rôle de la marâtre Marie-Louise je me plaisais à lui faire des coche dans la tête en lui disant que j’aillais lui faire oublier ses souvenir Yannick me criait : Pitié madame ! Pitié Madame ! La porte s’est entrouverte et nous avons vu ma mère, revenue du travail, qui nous a demandé ce que nous faisions… La seule réponse que nous lui avons fournie, avec le plus de sérieux possible : Ça se voit, on joue à Aurore l’enfant martyre… sans passer de commentaire… elle a refermé la porte… Elle en reparle encore aujourd’hui.

Ma mère n’a pas été la seule à subir nos frasques. Louise a dû endurer un magasinage assez éprouvant à l’épicerie lorsque Yannick et moi avions réalisé que nous étions très bon pour imiter des déficients mentaux. Nous nous amusions à marcher croche, parlions dans un langage â la limite du compréhensible. Nous remplissions le panier de toutes sortes de victuailles dont nous n’avions pas besoin, nous avons piqué notre crise dans la rangée des friandises. Louise, franchement écœurée, nous gueulait dessus… Pour toute réponse à ses représailles, nous nous cantonnions dans nos rôles en la suppliant de ne pas nous battre et de ne pas sortir le bâton. Elle est sortie du centre d’achat en ne nous parlant plus. Encore aujourd’hui… nous nous demandons : Pourquoi tant de haine ?

Une dernière… ma préférée… après la fermeture des bars et une soirée passablement platte… nous commencions alors à nous désintéresser de cette vie de débauche… nous sommes allés au club vidéo (ouvert 24h) louer la comédie musicale Annie à 3h30 du matin uniquement pour voir la tête du commis. Son visage, ses gestes lorsqu’il a pris la cassette dans ses mains… décrivaient le désemparement total… je me suis longtemps demandé si l’idée de la futilité d’ouvrir un club vidéo 24h sur 24h pour servir deux idiots qui vont louer Annie aux petites heures du matin lui a effleuré l’esprit. Je préfère penser que oui.

Bref… je vous raconte toutes ces petites histoires… parce que Yannick et Francis m’ont demandé d’être témoin de leur union. Je ne suis pas l’unique témoin de tout ceci… par votre présence vous l’êtes tous et vous démontrez que ces deux gars ont de l’importance dans vos vies. Souhaitons-leur de vieillir comme les deux p’tit vieux du Muppet Show. Maintenant, je vous ai largement parlé de Yannick… je cède la parole à Medhi qui vous parlera des années de débutantes de Françis.

C’est assez difficile de parler de Francis. Je ne reviendrai pas sur son amour pour Yannick. Notre présence à tous ici témoigne de ce lien si spécial qui les unit.
Je connais Francis depuis plus de onze ans. Nous avons partagé beaucoup ensemble. Il est de mon devoir de préparer Yannick à ce qui l’attend dans les années à venir.

Yannick, en prenant Francis pour époux, j’espère que tu sais que tu te rends compte que tu as obligation de le nourrir, car Francis n’est pas doté d’un estomac comme la normale. Tel un mutant il est capable de manger tout, en n’importe quelle quantité et à n’importe quelle heure. Je me souviens de nos virées nocturnes à Pigalle où pris d’une envie subite de nourriture, tels des vampires, nous errions dans les rues nos sens affûtés à la recherche du moindre kebab ou fast-food ouverts. Rien n’était trop gras pour nous satisfaire, et je peux vous affirmer que lorsqu’il a déménagé, beaucoup de ces prétendus restaurants ont dû fermer. Même les services de l’hygiène et de la santé de la ville de Paris n’avaient pas réussi jusque là.

Je ne m’étendrai pas non plus sur cette soirée passée dans un Pizza-Hut ou nous avons englouti pizza sur pizza, déclenchant l’admiration (ou serait-ce plutôt l’écoeurement) de notre serveuse.
Comme vous l’aurez compris, Francis mieux vaut l’avoir en photo qu’à sa table, et ce ne sont pas ses parents qui me contrediront. Le nombre de repas gargantuesques pris au bord de la piscine chez eux où nous n’osions même pas plonger de peur de couler direct au fond hante encore mes nuits. Donc sois prévenu Yannick qu’un Francis tel que nous en avons un ici doit être nourri et dorloté en tout temps et à n’importe quelle heure si tu ne veux pas qu’il se transforme tel un mogwai en gremlin.

Maintenant les choses sérieuses. En prenant Francis comme époux, j’espère que tu sais que tu t’engages à le partager avec quelqu’un d’autre. Non, je ne parle pas de Divine, celle qui vous a réunis il y a de ça plusieurs années. J’imagine mal Divine partager votre lit, la pauvre Charlotte risquerait de mourir étouffée. Non Yannick, je veux parler de celle qui t’a fait aller à New York en 2001, ou à Toronto, le fascist state of Toronto en 2004. Je veux bien entendu parler de celle qui orne les murs de votre chambre : Madonna. Car on croyait Francis perdu à la cause des femmes, mais il cache l’âme d'une midinette, un croisement entre Paris Hilton et Pamela Anderson pour vous donner l’idée qu’il se fait des femmes. Mais revenons à la madone. Francis n’aime pas seulement le dernier album parce qu’il a entendu un titre qui lui plaisait à la radio. Non, Francis aime Madonna depuis le premier pressage de son premier album. À chaque album correspond une partie de sa vie. J’ai la chance de partager ce vice avec lui. Et depuis la sortie d’Evita on vit fébrilement chaque sortie de disque, on part à la recherche du moindre remix ou morceau inédit disponible sur un pressage népalais ou sri lankais.

Je sais que tu te dis si seulement il n’y avait qu’elle, mais je n’ai pas parlé des autres artistes, auteurs ou cinéastes qu’il affectionne. Je ne compte plus les heures ou plutôt les semaines passées dans les Virgin Mégastore ou les Fnac de Paris, ou les Archambault, HMV et autres de Montréal; ni les sommes dépensées soit dit en passant.
Comme on peut se faire interdire de casino, peut-être sera-t-il nécessaire de le faire interdire de magasin un jour.

Alors oui Yannick, je sais que tu aimes Francis non pas en dépit de tout ce que je viens de te dire, mais plutôt à cause de tout ça.

Je passerai sous silence nos imitations d’Edina et Patsy, notre fixation malsaine sur les Sœurs Soleil ou nos tentatives pas très convaincantes de danser contre les barres dans le métro parisien comme dans Showgirls et j’en passe et des meilleures.

Mais encore beaucoup de surprises vous attendent tous les deux, puisqu’après tout ce n’est que le début.

Mon bel amour.

Aujourd’hui c’est une journée importante pour nous deux. C’est la journée qui vient concrétiser les moments heureux que nous avons déjà vécus ensemble. C’est la journée qui vient officialiser le fait que je veux vivre avec toi,continuez à t’aimer et te chérir.

Depuis le début de notre relation, notre couple a évolué d’une manière fantastique. Au fil des ans, j’ai appris à connaître un homme merveilleux, sur qui je pouvais compter dans les moments difficiles, en qui je pouvais croire et m’abandonner. Je t’aime. Je t'aime encore plus aujourd'hui qu’hier. Je suis amoureux de toi, tu es une partie de moi.

Je te promets, avec cette alliance, d’être le meilleur époux que tu puisses connaître. Je te promets fidélité et dévouement. Par cette alliance je te prends pour époux.

Yannick, tu es mon amour depuis presque sept ans. Sept ans de grands et de petits bonheurs que nous officialisons aujourd’hui avec nos amis et notre famille. Je te prends comme tu es, avec tes défauts mais surtout tes qualités, tes gafferies mais aussi ton immense tendresse. Je vais continuer de te suivre dans tes folies, aussi délirante soient elles, parce que maintenant ce sont nos folies. Ou tu iras, j’irai, n’importe ou, n’importe quand. Et surtout, je vais t’aimer. Toujours un peu plus à chaque jour.

Avec cet anneau c’est mon amour et mon cœur que je t’offre aujourd’hui.

Aux Nouveaux Mariés

Vous avez grandit dans des familles unies, l’important c’est d’être bien dans sa peau. Maintenant les gens ne se marient plus pour les bonnes raisons. Nous tes parents savons que votre mariage est un acte réfléchi, que votre amour est profond et qu’il va durer toute votre vie et pour cela nous sommes très fiers de vous deux. Nous vous aimons tous les deux très fort comme deux fils.

Que ce grand jour marque le début d’une suite ininterrompue de moments heureux que vous partagerez tous les deux.

Le mariage est comme un voyage, vous ne choisirez pas toujours la route à suivre, ni les circonstances, mais chacun a choisi l’autre. Puisse ce voyage ensemble, vous apporter beaucoup de satisfaction, de joie et de succès maintenant et dans l’avenir.

Le secret du bonheur, on le connaît sûrement quand on en vit un aussi beau et aussi grand que celui que vous partagez depuis plusieurs années.

L’amour c’est un rêve a partager, un arc en ciel porteur d’espoir, et le bonheur d’être deux !

Soyez longtemps heureux comme vous l’êtes à présent, c’est le plus beau vœu que ton père et moi puissions vous formuler maintenant et pour toujours.